L’Arjel et Publicis Consultants, une longue histoire d’amour ?

Au programme de l’appel d’offres attribué le 14 novembre dernier des prises de parole destinées à sensibiliser le grand public et les sportifs professionnels sur l’importance de jouer sur des « sites légaux ».

Arjel - DR

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  1. Le marché public de 2010 aux oubliettes
  2. Publicis dans les couloirs de la République
  3. L’arjel en bref
Publicis Consultants a récemment remporté un nouvel appel d’offres de l’Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel). Chargée de mettre en place des moyens de régulation, d’information et de contrôle « pour protéger les joueurs, prévenir de l’addiction au jeu et lutter contre la fraude », l’Arjel part à nouveau en campagne avec la société, présidée par l’énarque-normalien Fabrice Fries, et dont la situation financière est fortement dégradée si on en croit l’évolution des comptes au cours des trois derniers exercices comptables.

Au programme de l’appel d’offres attribué le 14 novembre dernier des prises de parole destinées à sensibiliser le grand public et les sportifs professionnels sur l’importance de jouer sur des « sites légaux ».

Le marché public de 2010 aux oubliettes

Un type de campagne que Publicis Consultants connaît bien puisque c’est cette agence qui avait orchestré la première grande campagne presse, web et radio diffusée en juin 2010 mettant en scène des arnaques pour inciter les 6 millions de joueurs en ligne concernés à jouer sur des sites « arjélisés » voire « arj-Elysée ». Après avoir aussi décroché la création du logo, du site internet et du dossier de presse de l’autorité. Rien que ça.

L’agence faisait elle-même, dans un document public, la promotion de l’événement avec en première ligne, le très chiraquien, François Baroin, alors ministre du budget qui présentait l’Arjel lors d’une conférence de presse, ainsi d’ailleurs que le président de l’autorité, Jean-François Vilotte, proche de Jacques Chirac, lui aussi.

On regrettera l’oubli quelque peu malvenu, et qui, du coup fait naître le doute, de l’Arjel de mentionner dans la liste des marchés conclus en 2010 celui qui a pourtant été remporté par Publicis Consultants pour la création du logo, du site internet, du dossier de presse de l’autorité, et surtout, de la campagne presse, web et radio diffusée en juin 2010 mettant en scène des arnaques pour inciter les 6 millions de joueurs en ligne concernés à jouer sur des sites agrées par l’Arjel.

Publicis dans les couloirs de la République

Fin 2012, Publicis Consultants avait, par ailleurs, regagné l’appel d’offres du Service d’information du gouvernement (SIG), lui permettant de mettre la main sur toutes les campagnes dudit. Coutumier des lieux de pouvoirs et des couloirs de la République, Maurice Lévy avait aussi recruté Jérôme Batout (son directeur de cabinet de janvier 2011 à janvier 2013), qui, après avoir occupé les fonctions de directeur du département des affaires publiques de Publicis Consultants, et de directeur associé de l’agence (janvier-avril 2013) a été nommé conseiller spécial « responsable du pôle stratégie, médias et communication » auprès de Jean-Marc Ayrault, le premier ministre (en avril 2013). Il faut dire que Jérôme Batout avait longtemps travaillé aux côtés de François Hollande et Martine Aubry au sein du Parti socialiste (2004 – 2009).

L’arjel en bref

  • Président : Jean-François Vilotte, administrateur de la ville de Paris, un proche de Jacques Chirac à la mairie de Paris. A la tête de la mission de préfiguration de l’Arjel depuis 2009, il a été nommé en mai 2010 par Nicolas Sarkozy, alors président de la République.
  • Statut : autorité administrative indépendante (AAI) créée par la loi n°2010-476 du 12 mai 2010 mais ne disposant pas de la personnalité morale.
  • Budget global (crédits issus du budget général de l’Etat) : 8,4 millions d’euros en 2012 (7,4 M€ en 2011), dont 2,8 millions d’euros en crédits de fonctionnement. 66,5 % des dépenses réalisées ont été dédiées aux rémunérations des personnels.
  • Effectifs : 61 personnes (2012) et un objectif de 62 personnes au 31 décembre 2013.

Un commentaire

  1. Par décret du président de la République du 24 février 2014 (JO du 25/02), Charles Coppolani, contrôleur général économique et financier, est nommé membre du collège de l’Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel). Il est également nommé président de ladite Autorité.

    C’est finalement le profil budgétaire qui l’a emporter sur le conseiller d’Etat Maurice Meda.

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